Augustin

אוגוסטין, AUGUSTIN  Wikip. Isrl. יחסו ליהודים. עכו, שבת, 13.08.22, ש0022.

אוגוסטינוס הוסיף ושכלל את תאולוגיית החילופין: הכנסייה היא היורשת היחידה והבלעדית של בחירת עם ישראל, ומהווה את המשכם הישיר של העברים טרם ישו. היהודים שלא קיבלו אותו איבדו את מעמדם ונושלו מן העם. גלותם ופיזורם ברחבי האימפריה הרומית מהווים עדות נוספת לאמיתות משיחיותו של ישו בעיני עובדי האלילים, שהרי כך רואים הפגנים שגם אויבי הנצרות מחזיקים בנבואות הברית הישנה אודותיו; כמו כן, מעמדם המושפל הוא אות אזהרה מתמיד לנוצרים שלא להתכחש לו. לשיטתו יש להגן על היהודים ואף אסור לנצרם בכפייה, אך מעמדם נחות בהכרח; לבסוף יקבלו את ישו. השקפתו הייתה קו מנחה ביחס הכנסייה ליהודים לאורך ימי הביניים.

St. Augustine on Punic Language and Literature, Engl. Wikip. Onln. In the Phoenician Punic colonies, especially around Carthage, the Phoenician language survived till the 5th century and was spoken by people in the rural areas. Saint Augustine knew the language and was well acquainted with Punic literary. He wrote "… there was a great deal of virtue and wisdom in the Punic books". Further, a pagan grammarian named Maximus once wrote to him a hostile letter in which he mocked at the Punic names

of some Christian martyrs, and in his reply Augustine rebukes him for having thrown ridicule at the Punic language which he describes as "our own tongue "Les Phéniciens sont un peuple antique originaire des cités de Phénicie, région qui correspond approximativement au Liban actuel. Cette dénomination provient des auteurs grecs qui ont écrit à leur sujet. La Phénicie a toujours été divisée entre plusieurs cités, dont les plus importantes étaient Byblos, Sidon (Sayda), Tyr (Sour) et Arwad, et on ne sait pas si celles-ci ont eu conscience d'une identité commune  Les historiens ont repris l'adjectif « phénicien » pour désigner la civilisation qui s'est épanouie dans la région entre 1200 et 300 av. J.-C. Les racines de la civilisation phénicienne se trouvent dans les cultures de la façade méditerranéenne du Proche-Orient du IIe millénaire av. J.-C. Toutes les villes de la future Phénicie existent déjà. Capitales de petits royaumes indépendants mais reliés par une certaine communauté de langue et de croyance, ce sont des cités marchandes importantes, et elles partagent une culture dont les Phéniciens sont les héritiers directs.

À la suite des bouleversements qui touchent le Moyen-Orient vers 1200, une nouvelle ère s'ouvre pour elles. Dégagées de la tutelle des anciennes puissances qui les dominaient (Nouvel Empire égyptien, Empire hittite), elles disposent d'une période d'autonomie qui leur permet d'étendre considérablement leurs réseaux commerciaux, puis de se lancer dans un mouvement d'expansion sur les rives de la mer Méditerranée. Les Phéniciens émigrés fondent alors des cités sur différents sites de Chypre, de Sicile, de Sardaigne, de Corse, de la péninsule Ibérique, de Grèce Turquie actuelle et d'Afrique du Nord. À partir du VIIIe siècle av. J..C. les cités phéniciennes perdent leur autonomie, étant successivement dominées par les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Macédoniens (Lagides et Séleucides), puis les Romains.

Elles préservent cependant leur importance commerciale et poursuivent leur expansion. Parallèlement les implantations phéniciennes de la mer Méditerranée occidentale tombent sous la coupe de la plus puissante d'entre elles, Carthage, phénomène qui aboutit à la création d'une civilisation spécifique dite carthaginoise  ou  punique. Reprenant des éléments des cultures indigènes berbères, Carthage, variante occidentale de la civilisation phénicienne, connaît sa propre évolution. Elle s'effondre néanmoins face à l'expansion romaine au IIe siècle av. J.-C., après les guerres puniques. Mais aussi bien en Phénicie qu'en Afrique du Nord, les cultures locales conservent des aspects particuliers jusqu'aux premiers siècles de notre ère. Les Phéniciens étaient des navigateurs audacieux, excellents marchands et artisans. Il est difficile d'aller au-delà des témoignages extérieurs sur les Phéniciens, car les sources provenant de Phénicie sont très limitées: très peu de textes écrits, peu de sites fouillés. L'accomplissement le plus connu de la civilisation phénicienne est la mise au point de l'alphabet phénicien, qui est sans doute à l'origine des alphabets les plus répandus dans le monde l'alphabet grec, duquel s'inspirent les Romains pour créer l'alphabet latin l'alphabet araméen entre autres même s'il ne s'agit pas du premier alphabet. La civilisation phénicienne présente de nombreux points communs avec celles des populations qui l'ont précédée au Levant que l'on regroupe souvent sous le terme de  Cananéens, ce qui permet de mieux comprendre certains aspects de leurs institutions politiques et surtout de leurs croyances et pratiques religieuses.

Qui étaient les Phéniciens ?  Avant la période hellénistique, les Phéniciens ne se sont jamais définis eux-mêmes comme un peuple : durant toute leur histoire, ils ont été divisés entre plusieurs royaumes, et devaient plutôt s'identifier en référence à ceux-ci. Ce sont les textes grecs qui désignent ce peuple par le terme Phoinikes, et la région où ils vivent comme Phoinike, la Phénicie, et ce, dès l'époque d'Homère. Aucune explication pleinement satisfaisante de l'origine de ce terme n'a pu être apportée : il a souvent été mis en rapport avec le terme grec phoinix, le  palmier, ou encore  rouge pourprequi pourrait renvoyer à la couleur tannée de la peau des Phéniciens ou bien à l'une de leurs productions les plus réputées, les tissus teints en pourpre mais aussi à la couleur rouge de la mer sur les côtes de Palestine et de Beyrouth qui indiquerait la présence de fer dans le fond de la mer et la rendrait rouge. Ce qui expliquerait en partie la mer vineuse citée dans Homère encore que d'autres explications crédibles concerneraient les algues5, la couleur de la mer au couchant, ou celle au levant. Selon Strabon et Hérodote, les Phéniciens étaient originaires de l’Arabie orientale. La région de l'Arabie orientale était appelée Tylos par les Grecs8. Le nom Tylos est considéré comme une hellénisation du sémitique Tilmun de Dilmun. Les habitants de Tyr en particulier ont longtemps revendiqué des origines du golfe Persique . Une similitude entre les noms  Tylos  et  Tyr  a pu être soulignée. Les Grecs reconnaissent aux Phéniciens qui viennent commercer en Grèce des talents évidents dans les activités marchandes, la navigation, et la qualité des productions des artisans de leur pays. Les apports des Phéniciens au monde grec (en particulier l'alphabet) se retrouvent dans plusieurs textes et des mythes, en particulier ceux relatifs aux enfants d'Agénor de Tyr: Cadmos fondateur de Thèbes, enlèvement d'Europe. D'autres fois, l'invention de l'arithmétique leur était attribuée11.

Mais les textes grecs les décrivent souvent en termes négatifs, comme des gens peu scrupuleux, brigands et voleurs. Ces descriptions révèlent sans doute autant sur ceux dont elles parlent que sur ceux qui les écrivent : les auteurs grecs se confrontent à ces gens venus de l'extérieur et en exposent les différences par rapport à eux-mêmes. Ils forgent leur propre identité grecque face à cet autre  Durant l'Antiquité, il n'y a pas, en dehors des textes grecs, un terme équivalent à Phéniciens. Les textes proche-orientaux (notamment la Bible) et égyptiens parlent souvent d'une région appelée « Canaan » et de ses habitants, les « Cananéens », à localiser dans la région levantine. Mais ces termes concernent aussi la Palestine et la partie méridionale de la Syrie, donc beaucoup plus que la Phénicie. Cependant à l'époque hellénistique au moins le terme Canaan peut être un synonyme des termes grecs Phénicie et Phéniciens, comme l'indique un monnayage de Beyrouth daté du III e siècle av. J.-C. ayant une légende en grec Laodikeia he en Phoinikē, « Laodicée de Phénicie, et en phénicien lʾdkʾ ʾš bknʿn, « Laodicée de Canaan » (nouveau nom de la ville).

Selon Augustin d'Hippone, les villageois (en latin : rustici) d'Afrique du Nord durant Antiquité tardive, parlant la langue phénicienne/punique (« lingua punica »), s'identifiaient eux-mêmes ou leur langue comme « Chanani ». Augustin, dans une discussion sur la guérison de la fille d'une Cananéenne du Nouveau Testament, a soutenu que ce nom Chanani était le même que le mot Chananaei Cananéens. La formulation latine correcte parmi les manuscrits est débattue et le contexte est ambigu. Bien que ce passage ait été avancé pour démontrer que le nom « Cananéen » était l'endonyme des Phéniciens, il est possible que le contexte rhétorique des paroles d'Augustin signifie qu'elles ne peuvent pas être invoquées comme preuve historique. Se pose alors la question des critères restant aux historiens pour mieux définir ces Phéniciens qui n'avaient sans doute pas conscience de l'être, ou alors ne l'ont eu qu'à une époque tardive en raison d'influences extérieures grecques et romaines. L'aire géographique est le premier critère évident : les Phéniciens occupent une région côtière, la Phénicie. Comme souvent pour essayer de distinguer les peuples dans l'Antiquité, il y a le critère de la langue : les sites de Phénicie ont livré des inscriptions en alphabet phénicien, rédigées dans une langue ouest-sémitique, le phénicien. Celle-ci se retrouve bien sur les sites de Phénicie, même si on décèle des variantes régionales suivant les différents royaumes, et aussi en dehors.

Le fait que la religion et l'art y soient plutôt similaires renforce cette impression d'unité, mais la culture matérielle de la Phénicie présente aussi des variantes régionales. Enfin, l'évolution historique de la région est à prendre en compte. Les cités de Phénicie existent toutes au IIe millénaire, et font face à partir de 1200 à des bouleversements qui marquent le début d'une nouvelle ère, ancrés comme eux en grande partie dans le passé cananéen de l'âge du Bronze : l'arrivée des « Peuples de la Mer », en particulier les Philistins qui s'installent au sud de la Phénicie, puis celle des Araméens à l'est, et l'émergence des Israélites au sud. Peu après, le phénomène de l'expansion en Méditerranée ne concerne que les ports de Phénicie.

La redécouverte de la civilisation phénicienne. Les sources grecques, romaines ainsi que bibliques ont préservé le souvenir des Phéniciens jusqu'aux érudits de l'Europe du xviie siècle, qui les premiers tentèrent

de redécouvrir ce peuple en allant au-delà des sources antiques traditionnelles, par exem. Samuel Bochart. Cela passe d'abord par des récits de voyageurs allés au Levant qui décrivent les monuments phéniciens encore visibles. La redécouverte d'inscriptions en alphabet phénicien sur divers sites des rives de la mer Méditerranée permet le progrès de la recherche. Une inscription bilingue phénicien-grec sert de base à l'abbé Jean-Jacques Barthélemy pour faire progresser le déchiffrement de cette écriture en 1758.

Ses travaux ne sont pas reconnus de son vivant, et c'est le philologue allemand Wilhelm Gesenius qui lui

rend justice et lance vraiment l'épigraphie phénicienne par ses publications. Dans cette même période, plusieurs savants (M. Vargas-Machuca, A. Heeren, F.-C. Movers, etc.) entreprennent des études sur les Phéniciens, tentant d'aller au-delà des sources antiques. S'intéressant en particulier à l'influence phénicienne en Méditerranée, ils développent la théorie des Phéniciens jouant le rôle de civilisateurs, transmettant les lumières de l'Orient en Occident. Ernest Renan dans les années 1870.

Les études sur l'« Orient » font en effet de considérables progrès durant la première moitié du xixe siècle : expéditions scientifiques en Égypte, redécouverte des sites de l'Assyrie. En 1860, dans un contexte d'une intervention française au Liban pour aider les communautés chrétiennes de la région, le philologue et historien français Ernest Renan est mandaté par Napoléon III pour une mission d'exploration d'un an

en Phénicie. Cette mission réalise de nombreux repérages de monuments. Dans ses interprétations, Renan reste marqué par une approche helléno centrique, et voit l'art phénicien comme celui d'imitateurs incapables de création, opposé à celui des Grecs.

La seconde moitié du xixe siècle voit l'essor de l'exploration des différents lieux d'implantation phénicienne en Méditerranée : Carthage d'abord, avec notamment les fouilles entreprises par le père Delattre, mais aussi les sites de Sardaigne, de Sicile, de la péninsule Ibérique, Chypre. Mais à la fin du siècle et au début

du suivant, le regard de nombreux chercheurs a évolué par rapport à leurs prédécesseurs qui voyaient l'influence orientale partout : l'identité sémite des Phéniciens est mise en avant, et certains cherchent à minimiser leur rôle, ou à nier l'origine sémite de leurs réalisations les plus influentes. Mais cela est contrebalancé par d'autres travaux : Victor Bérard qui cherche à remettre en avant l'idée d'une influence majeure des Phéniciens dans le monde méditerranéen, et surtout Stéphane Gsell qui publie les huit volumes de son Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, synthèse majeure sur l'histoire carthaginoise.

Durant la première moitié du xxe siècle, l'exploration des sites phéniciens et puniques se poursuit. L'étude de la civilisation phénicienne connaît de grands progrès après les années 1960, avec un plus grand effort pour mettre en commun les travaux des épigraphistes et des archéologues. En raison des troubles politiques qui ont lieu au Liban, les fouilles des sites de Phénicie sont rendues difficiles. C'est dans la Méditerranée occidentale que l'exploration des sites archéologiques connaît les progrès les plus remarquables.

En 1979 se tient à Rome le premier Congrès international des études phéniciennes et puniques, sous l'impulsion de Sabatino Moscati, cherchant à mettre en commun les travaux des spécialistes des Phéniciens et des Carthaginois venant de différents pays. Depuis, plusieurs expositions ainsi que des ouvrages collectifs permettent de faire régulièrement le point sur les avancées des chercheurs.

Les sources disponibles. Inscription en alphabet phénicien retrouvée à Cebelireis Daği près d'Alanya, Turquie, fin du viie siècle av. J.-C., rapportant un transfert de propriété foncière. Musée archéologique d'Alanya. Les Phéniciens n'ont laissé que peu de témoignages écrits permettant de reconstituer leur histoire. La répartition géographique des inscriptions en phénicien est d'ailleurs largement à l'avantage de l'aire carthaginoise (Tunisie et reste de l'Afrique du Nord, Sicile, Sardaigne, Malte, etc.), tandis que celles provenant de Phénicie constituent un corpus très limité, et que celles provenant du reste de la Méditerranée orientale (Chypre, Syrie, monde égéen) sont guère plus abondantes. Les inscriptions les plus nombreuses sont de type funéraire (surtout dans le monde punique). On en trouve également de type votif (accompagnant des offrandes aux dieux), quelques textes royaux commémoratifs (relatifs surtout à des actes pieux comme la construction de temples). Ces textes sont généralement peu développés, fournissent surtout des informations sur la vie religieuse. La reconstitution de l'histoire phénicienne passe donc par des sources textuelles extérieures, rédigées par des personnes ayant rencontré les Phéniciens. Ce type de source forme un ensemble disparate : on y trouve un récit romancé égyptien comme l’Histoire d'Ounamon, les inscriptions royales d'Assyrie ou de Babylonie, des textes économiques mésopotamiens, divers passages de

la Bible hébraïque, et divers auteurs de langue grecque (Homère25, Hérodote, Strabon) ou latine surtout sur Carthage.

Quelques-unes de ces œuvres reposent sur des documents phéniciens disparus qui ont été compilés et résumés, notamment dans les écrits de Flavius Josèphe ou ceux de Philon de Byblos dont le contenu est connu par le biais d'Eusèbe de Césarée. Il s'agit donc généralement de textes biaisés, dans lesquels les Phéniciens sont présentés suivant les représentations que leurs voisins avaient d'eux. Un type de source épigraphique mobilisable pour reconstituer l'histoire et la civilisation des Phéniciens est antérieur au développement de ceux-ci : il s'agit des sources cunéiformes provenant de sites du Proche-Orient du IIe millénaire av. J.-C. présentant des antécédents de la civilisation phénicienne. Le corpus de textes le plus important est celui provenant du site de Ras Shamra, l'antique Ugarit, l'un des principaux ports de commerce de l'âge du bronze levantin, en Syrie actuelle, qui disparaît avant l'émergence de la civilisation phénicienne. Ils offrent des parallèles très utiles pour l'étude de la religion, des institutions et de l'économie phéniciennes . Les fouilles archéologiques en Phénicie ont été limitées. Les sites phéniciens sont pour la plupart encore occupés de nos jours, et ne peuvent donc faire l'objet de campagnes de fouilles importantes. Seuls quelques secteurs urbains ont pu être mis au jour, notamment à Byblos et Beyrouth. Les nécropoles, situées en marge des villes, ont pu être plus aisément explorées, et des petits sites abandonnés depuis l'Antiquité ont pu faire l'objet de fouilles durables (Tell Kazel, Sarafand/Sarepta, Tell Arqa, Oum el-Amed, etc.). Les fouilles des sites des implantations phéniciennes en Méditerranée sont plus nombreuses, notamment à Chypre mais surtout dans le bassin occidental (Malte, Sicile, Sardaigne, Tunisie, Maroc, péninsule Ibérique). Elles ont permis de faire considérablement progresser la connaissance de la civilisation phénicienne et punique.

Les cités de Phénicie et leur histoire. Localisation des principales villes de la Phénicie et des régions voisines durant la première moitié du Ier millénaire av. J.-C. La Phénicie est une mince bande côtière s'étendant approximativement d'Akko (Acre) au sud jusqu'à Tell Suqas au nord voire El-Mina (c'est discuté). Elle est bordée par la Méditerranée à l'ouest, et des régions montagneuses à l'est, le Djébel Ansariyeh et le Mont-Liban. Les voies de communication terrestres le long du littoral sont en général aisées (même si la montagne borde parfois directement la mer), mais en revanche celles conduisant vers l'intérieur sont gênées par la présence des montagnes, et il faut passer par quelques voies de passage moins élevées, notamment la trouée de Homs qui conduit de la plaine de la Bekaa à la vallée de l'Oronte au nord. L'espace agricole utile des cités phéniciennes est souvent limité, leur arrière-pays plat étant de taille réduite, mais la présence de nombreux cours d'eau coulant depuis les montagnes devait permettre une agriculture assez prospère. Les informations sur les productions agricoles phéniciennes sont limitées, mais il faut admettre qu'elles étaient similaires à celles des autres civilisations du Levant antique : céréales, divers fruits et légumes, avec une place importante pour la vigne et l'olivier, ainsi que du petit bétail. Les cèdres qui poussent dans les montagnes sont également une ressource importante pour les cités phéniciennes.

La fragmentation de l'espace a sans doute joué un rôle dans la fragmentation politique de la Phénicie. Celle-ci était divisée entre un chapelet de petits royaumes indépendants s'égrainant le long de la côte, d'Al -Mina et Arwad au nord à Tyr, Ascalon et Gaza au sud. Ces États sont dominés par une grande ville côtière ou insulaire développée autour d'un ou deux ports très actifs qui sont la base de sa richesse : du nord au sud Arwad, Byblos, Sidon et Tyr. La bande littorale constitue leur arrière-pays agricole, où se trouvent parfois d'autres villes importantes situées dans la mouvance de la capitale (Sarepta, Khaldé, Amrit, etc.),

et où les royaumes peuvent quelquefois s'étendre loin. D'autres villes ont pu servir de centre à des entités politiques moins bien connues, comme Beyrouth (qui prend son essor aux périodes perse et surtout hellénistique), Arqa et Sumur (Tell Kazel).                                                                                                                                         Organisation politique. Bas-relief sur stèle représentant le roi Yehawmilk de Byblos (à droite) rendant hommage à la déesse de la cité, la « Dame de Byblos » (à gauche). Vers 450 av. J.-C. Musée du Louvre. L'organisation politique de ces royaumes est mal connue. Ils avaient à leur tête des rois (mlk) se succédant suivant un principe dynastique. Ils sont surtout connus par leurs inscriptions rapportant leurs activités religieuses (construction de temples) et semblent avoir eu un rôle religieux très affirmé; Itthobaal de Tyr est ainsi présenté comme « prêtre d'Astarté », de même que les rois Sidoniens de la dynastie d'Eshmunazar.

Les rois étaient considérés comme étant les représentants terrestres de la divinité tutélaire de leur royaume, qui les avait élu à leur fonction. Sur les sceaux, ils sont couramment représentés portant un sceptre ( ḥṭr   חוטר) symbolisant leur fonction.

Ils servaient de chef militaire du royaume, mais leur puissance militaire limitée a sans doute réduit l'importance de ce rôle. L'autre grand aspect de la fonction royale est le rôle de juge suprême du royaume, qui devait être exercé suivant les principes de « justice » (ṣdq) et de « droiture » ( mšr ) présents dans plusieurs inscriptions. Ces aspects de la royauté sont similaires à ceux attestés aux périodes précédentes dans la région, notamment à Ugarit. Les dignitaires assistant le souverain dans ses fonctions administratives, militaires et judiciaires sont très mal connus, seuls quelques titres étant attestés dans des textes n'indiquant pas grande chose sur la fonction réelle de leurs détenteurs. Il existait apparemment un conseil des Anciens à Tyr, dont le rôle n'est pas clair . Au début de la période hellénistique entre 330 et 25) les rois des cités phéniciennes sont destitués par les rois grecs, et ce sont les institutions constituées de magistrats qui prennent seules le relais. Elles s'inscrivent dans la continuité des institutions civiques existant déjà à l'époque monarchique, et s'inspirent sans doute aussi des institutions des cités grecques.

Les textes de cette période indiquent les noms de plusieurs titres de magistrats, mais ils sont donnés en phénicien (suffètes שופט SVPT JUGE rab רב MAITRE  RB ) ou en grec (archontes, dikastes), et il est difficile de faire correspondre les titres connus dans les deux langues . Ces magistrats se retrouvent dans les colonies phéniciennes en particulier à Carthage  où leurs fonctions sont un peu mieux connues grâce aux descriptions des auteurs grecs et romains, en particulier les suffètes qui constituent l'élite politique.

Cette cité était dirigée par deux assemblées (ʿm AM OM עם אם) légiférant et délibérant sur les affaires les plus importantes…